Burkina Faso – Incinération « de fétiches » par l’Eglise catholique: « une agression culturelle et une provocation de trop »

Le cadre « Deux heures pour Kamita » a déposé une plainte contre la paroisse St Pierre de Gounghin pour l’incinération « de fétiches » amenés par certains fidèles catholiques fraîchement convertis. Le collectif d’associations dénonce, notamment, « une agression culturelle et une provocation de trop ».

En conférence de presse ce jeudi, les responsables du cadre « Deux heures pour Kamita » se sont prononcés sur l’affaire « incinération de « fétiches » par la paroisse St Pierre de Gounghin ». Pour Lianhoué Bayala, Secrétaire général de « Deux heures pour Kamita », la plainte déposée contre la paroisse St Pierre de Gounghin « vient réparer un préjudice subi depuis plusieurs années ». « C’est une plainte préventive », a-t-il fait savoir.

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Dénonçant une « agression culturelle et une provocation de trop », le cadre « Deux heures pour Kamita » précise que, « si c’est réellement des fétiches qui ont été incinérés, nous sommes convaincus qu’il y aura des conséquences pour ceux qui les ont brûlés, y compris ceux qui les ont apportés ».

Mardi 20 avril 2021, la paroisse St Pierre de Gounghin de la communauté catholique au Burkina Faso a procédé à la destruction de fétiches et objets qu’elle juge « occultes », de certaines personnes qui se sont converties à la foi catholique. Ces personnes qui ont amené d’elles-mêmes ces objets, ont fait un revirement de 180° par rapport aux pratiques animistes auxquelles elles s’adonnaient. L’acte a été diversement apprécié dans la société burkinabé. Alors que certains le soutiennent, d’autres s’en sont indignés.

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Pour apaiser les tensions, le prêtre de la paroisse, l’Abbé Joanny Koama, est monté au créneau et a fait une mise au point. « Ce qui est sûr, on n’a pas traité quelqu’un de satanique. On n’a pas insulté une religion. On respecte la culture. Les gens sont venus librement apporter les objets. Puisqu’ils ont peur, certains veulent être sûrs que c’est détruit. Ce n’est pas la première fois qu’on incinère des objets. C’est parce que, là, on l’a fait publiquement. En fait, il n’y a pas eu de stigmatisation. », a-t-il déclaré.

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