Nigeria: de l’élection à la contestation, 07 temps forts de la présidence de Buhari

Musulman sunnite, il prend la tête du Nigeria du 31 décembre 1983, à la suite d’un coup d’État, au 27 août 1985. Il est également candidat malheureux aux élections présidentielles de 2003, 2007 et 2011.

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Muhammadu Buhari, président de la république fédérale du Nigéria
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Né le 17 décembre 1942 à Daura dans l’État de Katsina, Muhammadu Buhari est un général et homme d’État, actuel président de la République fédérale du Nigeria depuis le 29 mai 2015. Voici les temps forts de sa présidence alors qu’il est la cible d’une contestation populaire depuis environ deux semaines.

Candidat du Congrès progressiste (APC) à l’élection présidentielle de 2015, il est élu à la présidence en l’emportant face au président sortant, Goodluck Jonathan. Il est réélu en 2019.

2015: premiers succès contre Boko Haram 

Deux mois après son investiture, en plein conflit contre les insurgés jihadistes de Boko Haram, le président Buhari remplace les chefs de l’armée nommés par son prédécesseur. En août, l’armée capture un commandant du groupe islamiste, après avoir annoncé les mois précédents la libération de villages où étaient retenus en otages des familles entières.

En novembre, un gouvernement est désigné, près de six mois après son accession au pouvoir.  Le 24 décembre, M. Buhari affirme que son pays a « techniquement » gagné la guerre contre Boko Haram. Depuis le début de sa présidence l’armée a repris des territoires dans le Nord-Est, mais attaques et attentats-suicides se poursuivent.

2016: récession, dissensions au sein des jihadistes

Le 4 mai, un groupe rebelle attaque une installation pétrolière dans le Sud, début d’une série d’actes de sabotage qui réduira la production pétrolière du pays à 1,2 million de barils par jour en 2016, contre près de 2 millions en moyenne.

Au deuxième trimestre, plombée par ces attaques et la chute des cours du pétrole, l’économie de la première puissance économique d’Afrique entre en récession pour la première fois en 25 ans. S’ensuivent une inflation galopante, un taux de chômage alarmant et des investissements étrangers historiquement bas.

En août le groupe Etat islamique (EI), auquel Boko Haram avait prêté allégeance en mars 2015, lui désigne unilatéralement un nouveau chef. C’est un camouflet pour le leader historique Abubakar Shekau, qui fait scission, générant ainsi deux factions rivales.

Le 13 octobre, 21 des lycéennes de Chibok enlevées deux ans plus tôt sont libérées par Boko Haram après négociations avec le gouvernement. Une première victoire pour Buhari.

2017: Buhari souvent absent

Le 17 janvier, 112 personnes sont tuées lors d’un bombardement accidentel par l’armée d’un camp de déplacés à Rann (Nord-Est). Aucun membre de l’armée ne sera sanctionné pour cette « erreur de guerre ». Le 6 mai, 82 lycéennes de Chibok sont libérées après plus de trois ans de captivité.

Le 19 août, le président rentre au Nigeria après avoir passé trois mois à Londres pour un mystérieux traitement médical. Il s’était déjà absenté deux mois en début d’année, alimentant les inquiétudes sur sa santé. Le 31 octobre, le gouvernement accepte de compenser les victimes de la guerre du Biafra (1967-1970), région séparatiste du Sud-Est, avec le versement de 50 milliards de nairas (139 millions d’euros).

2018: remontée en puissance de Boko Haram

Le 19 février, plus d’une centaine de jeunes filles sont enlevées par Boko Haram dans une école à Dapchi (Etat de Yobe). Toutes (sauf une) sont libérées un mois plus tard par leurs ravisseurs. Le 24 juin, des violences entre éleveurs peuls musulmans et agriculteurs chrétiens font plus de 200 morts dans le centre, en proie à une vague de violences intercommunautaires. Des appels se multiplient pour inviter le président à rétablir l’ordre ou démissionner.

En juillet le parti présidentiel connaît de nombreuses défections d’élus vers l’opposition. A partir de juillet, ISWAP, la faction de Boko Haram affiliée à l’EI, intensifie les attaques meurtrières contre les bases militaires.

2019: présidentielle contestée

Le 23 février, Muhammadu Buhari est réélu avec 56% de voix. L’opposition dénonce des fraudes. Son principal rival, Atiku Abubakar conteste le résultat du scrutin, validé par la justice en septembre.  Investi fin mai, Muhammadu Buhari présente son nouveau gouvernement en août.

2020: coronavirus, chute des revenus pétroliers

Fin mars, la capitale fédérale Abuja et Lagos sont confinées face au nouveau coronavirus. Début de déconfinement le 4 mai, assorti d’un couvre-feu nocturne et du port du masque.

Les autorités indiquent que les revenus pétroliers, dont le pays est très dépendant, ont chuté de 80% et que le pays devrait entrer en récession.

Manifestations inédites

En octobre, le Nigeria est secoué par des manifestations contre les violences policières, qui muent en une contestation inédite contre le régime, dont la répression a fait plusieurs dizaines de morts.      

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