Congo-Brazzaville-Affaire général Mokoko : Ses avocats saisissent des instances internationales
Ses avocats ont annoncé mercredi avoir déposé une requête devant le groupe de l’ONU sur la détention arbitraire. « La détention de notre client est arbitraire car il bénéficie de l’immunité juridictionnelle et le délai maximum de six mois de détention provisoire est largement dépassé; depuis février 2016, il n’y a pas eu de renouvellement du mandat de dépôt; personne n’a pris la peine de le faire », a déploré l’avocate Jessica Finelle.
Les avocats du général Jean-Marie Michel Mokoko, ex-candidat à la présidentielle congolaise emprisonné, ont saisi les Nations unies et prévoient aussi de saisir ‘’d’ici à la fin de semaine’’ la Commission africaine des droits de l’homme, pour réclamer la libération du général Mokoko, détenu ‘’arbitrairement depuis 2016’’.
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« Sa détention est la conséquence directe de l’exercice de son droit à la liberté d’expression (…), de son droit à pouvoir manifester de manière pacifique et de se porter candidat à un scrutin », a dit Me Finelle, qui a demandé au groupe de travail « d’ordonner la libération immédiate » de M. Mokoko, a rapporté l’AFP.
Notre conférence de presse du 2 mai à Paris de notre collectif des avocats de JMM MOKOKO injustement en détention provisoire depuis 22 mois à Brazzaville pic.twitter.com/xVqmOdewcH
— Norbert TRICAUD (@NTRICAUD) April 30, 2018
« Il est détenu dans une cellule sans véritable ventilation ni lumière naturelle, et il a des problèmes de santé », a affirmé M. Tricaud, ajoutant que son client, craignant un empoisonnement, ne mangeait que quand son cuisinier est autorisé à venir à la prison. « Nous allons également saisir le Comité international de la Croix-Rouge ».
En outre, ses avocats vont saisir « d’ici à la fin de semaine » la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, pour « violation du droit à un procès équitable », invoquant « une ingérence de l’exécutif » congolais, le non-respect des droits de la défense et le fait que selon eux, les avocats congolais de M. Mokoko n’ont, à plusieurs reprises, pas été convoqués à des audiences concernant leur client.
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L’avocate précise que ces deux instances « ne rendent pas des décisions impératives ». « Mais si le Congo ignore les condamnations du groupe de travail de l’ONU et de la Commission, cela l’isolera diplomatiquement ».
Fin mars, M. Mokoko avait refusé de répondre à une convocation d’un juge. « Il est dans une stratégie de silence et de ne pas cautionner cette mascarade de justice (…) car dans une procédure viciée, on a toujours tort », a déclaré M. Arnaud.
Pour rappel, le général Jean-Marie Michel Mokoko, surnommé J3M, ex-chef d’état-major de l’armée congolaise (1987-1993), a perdu la présidentielle de 2016 remportée par le président Denis Sassou Nguesso qui cumule plus de 32 ans à la tête du Congo. Au lendemain du scrutin, M. Mokoko a été incarcéré « pour atteinte à la sécurité intérieure de l’État » et détention illégale d’armes et de munitions de guerre.
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