Décisions contestées, attente prolongée: l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), utilisée pour la première fois en Coupe du monde, a largement brouillé son image lors des matchs disputés lundi, rouvrant le débat sur la place de la vidéo dans le football.
Lors de Portugal-Iran, ce sont pas moins de trois décisions qui ont porté à débat. Le penalty accordé à Cristiano Ronaldo (et stoppé par Ali Beiranvand) était il-valable ? La star portugaise aurait-elle dû être expulsée pour un mouvement du coude sur un défenseur adverse? Y avait-il vraiment une main délibérée sur le penalty accordé aux Iraniens en fin de match ?
Plus tôt dans la journée, le match Egypte-Arabie saoudite (1-2) avait lui aussi été marquée par une intervention – très longue – de l’assistance-vidéo, pour finalement aboutir à la confirmation d’un penalty en faveur de l’Arabie saoudite.
Omniprésence et cohérence
Au-delà de la question de la justesse de ces différentes décisions — et de l’impact sur le nombre de penalties, déjà 20 sifflés, plus que dans toute autre Coupe du monde — la journée de lundi a mis en lumière certains des défauts de la VAR, utilisée pour la première fois en Coupe du Monde cette année en Russie.
Les Unes des quotidiens espagnols ce mardi étaient à ce titre révélatrices de la place prise par le dispositif, pourtant censé rester discret: « Merci la VAR! » pour Mundo Deportivo et « Vive la VAR! » pour As et Marca. Pas un mot pour le but magnifique de Iago Aspas. La frappe sublime de Quaresma sur le but portugais a elle aussi été oubliée au profit des faits de jeu liés à l’arbitrage. Les réactions furieuses des joueurs ont par ailleurs mis à mal l’idée selon laquelle la présence de la vidéo mettrait fin aux contestations et aux polémiques.
Carlos Queiroz, le sélectionneur portugais de l’Iran s’est de son côté demandé si l’arbitre-vidéo ne jugeait pas à la tête du client. « La réalité c’est ça: vous stoppez le jeu pour la VAR. Il y a un coup de coude. Un coup de coude, c’est carton rouge dans les règles. Dans les règles, il n’est pas précisé si c’est Messi ou Ronaldo… », a-t-il pesté.
Au total, la VAR a affiché lundi certains des principaux défauts soulignés par ses détracteurs: omniprésente, lente et pas particulièrement incontestable. L’ancien avant-centre de l’Angleterre Alan Shearer en a tiré sur Twitter une conclusion abrupte: « La VAR est une connerie absolue ». Interrogée par l’AFP, la Fifa renvoie de son côté au point-presse qui sera organisé vendredi, lors duquel sera présenté un bilan de l’arbitrage lors du premier tour.
Du positif et des questions
Lors de ce rendez-vous, la Fifa, dont le président Gianni Infantino a pesé de tout son poids pour obtenir l’introduction de la VAR dès le Mondial-2018, devrait s’attacher à présenter ce qui a bien fonctionné. Si deux fédérations, celles du Brésil et de la Serbie, ont déjà officiellement demandé des explications sur l’utilisation du système, d’autres en effet n’ont pas eu à s’en plaindre et des erreurs ont effectivement été corrigées.
Du penalty accordé à la France et à Griezmann à celui retiré au Brésil et à Neymar, en passant par un carton jaune réattribué au bon joueur péruvien lors du match face aux Bleus, il y a eu des interventions avisées des assistants-vidéo, avec des durées globalement raisonnables jusqu’à lundi.
Mais l’une des questions centrales demeure, celle de l’uniformité. Pourquoi la VAR est-elle intervenue lundi sur la main du Portugais Soares mais pas vendredi quand le Serbe Mitrovic a été pris en sandwich par deux Suisses ?
Avec AFP
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